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La légende de la Roche percée, fruit de la colère du Diable


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légende

Certains avancent des hypothèses scientifiques pour expliquer des merveilles naturelles; mais, évidemment, ce sont les légendes qui expliquent le mieux la naissance de telle ou telle curiosité géologique. C'est ainsi que, pour beaucoup, ce mystérieux trou dans la roche, non loin d'Albertacce, doit son existence non pas à l'érosion ou quelconque autre explication plus ou moins plausible, mais bien à une colère de Satan, dont voici le détail:


~~ La Roche percée par le Diable ~~

Au temps où Saint Martin gardait les troupeaux dans les prairies du Niolo, il reçut la visite d'un étranger, qui lui demanda d'entrer à son service. Martin, justement, avait besoin d'un pâtre, et ce dernier semblant nécessiteux, le saint l'engagea. Saint homme, Martin n'en était pas moins méfiant, et ne manqua pas de remarquer, dès la première nuit où il partagea sa cabane avec son nouveau domestique, la forte odeur de soufre qui s'en dégageait.
Comme chacun le sait, le parfum de soufre est caractéristique du Diable.
Le lendemain matin, Martin dit au pâtre qu'il avait deviné sa véritable identité et qu'il ne pouvait le garder à son service. Satan, car c'était bien lui, entra dans une violente colère, mais, face au Saint, ne pouvait rien faire. Il s'en alla donc, décidé à rester dans les environs et à faire à Saint Martin une redoutable concurrence.
Puisque Saint Martin était berger, le Diable se ferait laboureur.
Il commença donc à creuser des sillons à travers la montagne, profonds comme des vallées. Saint Martin, craignant que les cultures diaboliques n'empoisonnent la population, implora l'aide du Ciel, et la charrue, les boeufs et la forge furent aussitôt changés en pierre.
Aujourd'hui encore, un oeil perspicace distingue ces formes dans le chaos.
Mais le Malin n'était pas décidé à perdre la partie: puisqu'il ne pouvait être ni berger, ni laboureur, il se ferait ingénieur.
Et c'est ainsi qu'il s'en alla trouver Giobergia, le chef du village du Niolo. Depuis longtemps, les habitants du village perdaient chaque année chèvres et moutons dans le Golo, torrent impétueux difficile à franchir. Notre sulfureux ingénieur proposa donc à Giobergia de lui construire un pont sur le Golo en échange de la propriété d'une âme à choisir dans son village. Partagé entre l'idée avantageuse d'un pont, et le sacrifice à faire pour l'obtenir, le chef de village demanda trois heures de réflexion, qui lui furent accordées. Pendant ce délai, Maria, la fille de Giobergia, fut envoyée demander conseil à Saint Martin. Elle remit à son père le message du Saint, peu avant le retour du mystérieux ingénieur…
Un accord fut conclu: le pont devait être complètement achevé en une nuit, c'est-à-dire, avant que ne chante le coq.
Le satanique ingénieur se mit au travail, toute la nuit on entendit près du Golo un vacarme épouvantable, et les Niolains, apeurés, n'osaient sortir de leurs maisons. L'aube n'était pas là, que le pont était presque achevé tant les milliers de diablotins appelés par Satan à son aide avaient mis d'ardeur à leur ouvrage. Au milieu de ces ténèbres enfiévrées par le tumulte infernal, qui terrorisait les paysans, un homme marchait calme et paisible; personne n'avait entendu ses pas légers. Sur les bords du Golo, il contempla le travail exécuté. Une seule pierre restait à poser, la clé de voûte du Pont. Elle était déjà taillée, et n'attendait que de prendre sa place.
Alors l'homme sortit de dessous son manteau un coq, et le posa devant lui, face à l'ouvrage. Ébloui par les lueurs de la forge satanique, qu'il confondit avec le lever du jour, le coq s'étira, et, tendant le cou, se mit à chanter de toutes ses forces.
Un immense cri de rage parcourut les rangs des travailleurs de l'enfer, qui disparurent dans la nuit fuyante. À son tour, le diable poussa un rugissement affreux, et lança en l'air son outil inutile. Le marteau alla frapper le "Capo Tafonato", qu'il traversa de part en part.
Et c'est ainsi que fut creusé le trou du diable, à l'instant précis où Lucifer disparut.
Durant des siècles, nul n'entendit plus parler du Diable dans la région, et petit à petit, cette histoire devint une légende à laquelle on n'accordait plus guère de crédit.
Pourtant, le Diable n'accepta pas ce cuisant échec, et quelques centaines d'années plus tard, dans ce même village, il mit au point sa vengeance.
Mais ceci est une autre histoire…


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