Orso Alamanno - légende de la Mouche de Freto

Freto, ancien nom de Figari, fut au XIIème siècle le théâtre d'un étrange maléfice…

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légende corseTransmise surtout oralement, l'histoire de la Mouche de Freto est cependant mentionnée dans différents ouvrages, avec, d'un auteur à l'autre, quelques variantes, ou enrichissements. Prosper Mérimée la mentionnait dans ses Notes de voyages, et vous trouverez toujours quelque corse pour vous la conter, avec parfois une belle conviction. Quelle est la part de vérité, y en a-t-il une, d'ailleurs? À vous de vous forger votre opinion…

village de FigariFigari aujourd'hui


~~ La Mouche de Freto ~~

Près de la route de Bonifacio à Porto Vecchio, au hameau de Sota, sont les ruines du château de Campana, ancien manoir du tyran infâme et débauché Orso Alamanno (l'ours allemand) qui avait décrété le droit du seigneur et exigeait en sus du vilain le don de sa plus belle bête de somme.
L'audace d'un jeune époux corse, Antoine Piobetta affranchit le pays de cette servitude qui devait si horriblement peser à l'honneur jaloux des habitants.
Ce jeune homme, fort adroit à chasser au lacet se présenta la veille de ses noces devant Orso sur un beau cheval qu'il lui promit pour le lendemain; et tandis que celui-ci considérait l'animal, il lui lança au cou une longue corde en forme de lacet qu'il avait cachée derrière sa selle et donnant de l'éperon, il entraîna son nouveau gibier étranglé par le nœud coulant.
Le cadavre d'Orso Alamanno fut enseveli avec risées, et l'épouse de Piobetta qui, a-t-on raconté, l'avait animé à sa belle action, jouit d'une extrême considération parmi ses compagnes.

Voyages en Corse, à l'île d'Elbe et en Sardaigne, 1837
Antoine Claude Pasquin, dit Valéry (1789-1847)


~~ Les Victimes de La Mouche de Freto ~~

Giovanni della Grossa, historien insulaire, rapporte ainsi cette histoire dans sa "Chronique médiévale corse" rédigée au XVe siècle (d'après la mairie de Figari):

Toutes les fois qu'un villageois prendrait femme, la mariée devrait passer avec le seigneur la première nuit de ses noces et de plus, le marié devrait faire cadeau au seigneur du plus gros de ses bestiaux, cheval, bœuf ou animal quelconque. Cet exécrable usage dura de longues années.
Un jour, un homme du pays, nommé Piobbetta, qui désirait prendre femme, résolut de mourir ou de délivrer la population de ce tribut honteux. Il savait à merveille prendre les animaux au lacet, usage qui se pratiquait de ce côté de l'île. La veille de son mariage, il arnacha, comme pour le faire parader un cheval très beau et très agile, qu'il voulait, disait-il, donner au seigneur le lendemain matin. Il avait attaché solidement au bois de la selle une longue corde formant lacet. Il s'approcha d'Orso Alamanno et, pendant que celui-ci était occupé à examiner la bête, il lui mit le lacet au cou, puis donnant de l'éperon, il l'étrangla en le traînant sur le sol.
À cette vue la population accourut plein de joie et afin d'assouvir la haine furieuse qu'elle nourrissait contre le tyran, elle rasa le château d'Orso Alamanno, appelé Montalto.
Le corps fut enterré après avoir été l'objet des plus grands outrages.
On dit, qu'au bout d'un an on alla ouvrir le tombeau d'Orso Alamanno pour voir ce qu'il contenait, car on prenait l'ancien seigneur pour un vrai diable de l'enfer. Il sortit du tombeau une mouche, qui devint avec le temps si grosse qu'au bout de dix ans elle avait la taille d'un bœuf ; elle tuait tous ceux qui s'approchaient, non seulement de ses ongles cruels, mais encore avec son haleine fétide, car la puanteur de son souffle était si infecte que quand le vent la portait de quelque côté elle desséchait jusqu'aux arbres. Ceux qui avaient abandonné leurs maisons mouraient dans les cavernes, malgré leur éloignement.
Enfin, Piobbetta, grâce au concours d'un médecin pisan, parvint à tuer cette mouche. Mais, ayant oublié de se frotter avec certaines liqueurs dont le médecin lui avait prescrit l'usage pendant une année entière, il mourut à son tour.
Freto resta à peu près désert et les Bonifaciens, avec les populations voisines, firent aux quelques hommes qui restaient une si rude guerre qu'ils les obligèrent à quitter le pays.
Cette histoire de la mouche paraît fabuleuse à tout homme de bon sens, cependant, aujourd'hui encore on trouve au milieu des montagnes escarpées, dans les grottes solitaires, des ossements humains ; les habitants sont convaincus et affirment comme une chose indubitable que ces ossements sont ceux des hommes tués par la mouche.


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