Yvan Colonna, le doute

Un brouillard aussi dense que le maquis…

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Régulièrement décrite comme une violente terre de sang, où mafia, terrorisme et affaires criminelles sont monnaie courante, la Corse est, bien sûr, le théâtre d'actes peu reluisants.
On ne relèvera pas ici les attentats, agressions, crimes en tous genres déjà largement relatés par les médias, dans une surenchère de superlatifs; les crimes et délits commis en Normandie ou en Auvergne, par exemple, (mais oui, il y en aussi ailleurs qu'en Corse) sont probablement des sujets moins "vendeurs".
De ce constat, ou disons cette impression, il résulte la sensation que, quoi qu'il se passe, si c'est en Corse, c'est … différent.

Les racines de cette différence de traitement sont certainement très anciennes. À titre d'exemple, j'ai retenu l'occupation de la cave viticole d'Aléria (vidéo diffusée le 22 août 1975, reproduite dans la presse écrite). On peut y entendre la déclaration d'E. Simeoni, concernant leurs revendications. Très vite, les communiqués officiels s'éloignent des comptes rendus des correspondants locaux, et une armée de 1200 hommes (chiffre officiel…) puissamment armés est déployée. S'ensuit un carnage, difficilement explicable là où on attendait des explications, des négociations, et un dénouement juste.


"L'affaire Érignac"

Ce que l'on sait:
À Ajaccio, le 6 février 1998, Claude Érignac, préfet de Corse, est assassiné par balles.
Ce sont, à peu près, les seuls faits qui paraissent indéniables dans cette affaire.


À partir de là, l'instruction, les déclarations des uns ou des autres (et tout le monde s'en mêle, y compris évidemment dans les plus hautes sphères politiques…) les rebondissements inattendus, vont assez rapidement faire naître un climat particulièrement confus.

Qui a tué le préfet?

Pour certains, la réponse fuse, "Yvan Colonna".

Les preuves? Un long débat, d'où il est bien difficile d'extraire quelque chose de tangible, tant les témoignages, les expertises et contre-expertises sont contradictoires.
Et la légende naît, sous la forme de la fuite dans le maquis d'Yvan Colonna.
Quatre années de cavale passées dans le maquis… on peut être impressionné, dubitatif, admiratif ou scandalisé.
Mais, quel est le quotidien de cet homme, dans cette étrange liberté?

"Il fuit, il est coupable!". Cette phrase entendue alors à la radio, m'avait rappelé une scène de sortie d'école; une maman furieuse courait après son fils en lui criant "Reviens ici, que je te mette une fessée!!!" Et le garçon de partir de plus belle. Je ne sais pas s'il avait commis la bêtise que sa mère comptait lui faire payer; ce qui est sûr, c'est qu'à sa place, voyant la fessée arriver, coupable ou pas, j'aurais aussi pris mes jambes à mon cou…

Il ne s'agit pas de comparer un meurtre à une probable petite bêtise d'enfant; simplement d'évoquer le fait que, si pour les uns la fuite d'Yvan Colonna est alors synonyme de culpabilité, pour d'autres, elle est une réaction humaine de conservation.

Et ceci creuse encore le fossé des convictions intimes, les "pro", les "anti".

Personne n'oublie le fugitif, sur l'île comme sur le continent. Tous les scénarios possibles sont imaginés; les ingrédients sont là, mystères, mensonges, raison d'état, complot, idéologie, politique, mythes…Chacun compatit à la douleur de la famille Érignac, pour qui le deuil est rendu si difficile.

Yvan Colonna est arrêté.

Le 4 juillet 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, déclare:
"La police française vient d'arrêter Yvon Colonna, l'assassin du Préfet Érignac"
Cette vidéo est à revoir sur le site de l'INA, ainsi que de nombreuses autres autour de cette affaire.
Une déclaration qui illustre bien la notion de "présomption de culpabilité" dénoncée par les défenseurs du berger corse.

Peu de procès en France n'auront fait couler autant d'encre; par sa longueur, ses errements, ses rebondissements, il a généré un sentiment amer de confusion du grand public, face à une démonstration d'enjeux politiques et de règlements de comptes en tous genres qui paraissent bien loin de la justice que l'on espère.

Yvan Colonna a été condamné, emprisonné, et à ce jour pourtant, bien peu peuvent affirmer avec une certitude absolue qu'il est coupable du meurtre du préfet Érignac.

Pour ma part, cette affaire est un désastre total, d'où que l'on se place.
Un crime a été commis, un homme condamné, mais… Et c'est ce "mais", énorme, qui pèse si lourd dans de nombreuses vies; ce mais, aussi, si dévastateur pour l'image de la justice, qui continue, en 2010, soit plus de dix ans après les faits, à défrayer les chroniques.

Aujourd'hui, mardi 27 juillet 2010, la cour d'appel de Paris doit examiner la demande de remise en liberté d'Yvan Colonna, condamné à la réclusion à perpétuité; condamnation annulée le 30 juin par la Cour de cassation. Le nouveau procès est ensuite prévu pour mai 2011.


Vous pouvez retrouver en détail toute la chronologie de cette affaire sur de nombreux sites internet; articles, vidéos, interviews et avis divergents abondent.
À défaut d'une liste exhaustive, impossible, voici le site du Comité de Soutien à Yvan Colonna; d'accord ou pas, il reste toutefois un élément incontournable dans la recherche d'informations précises.


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